Archéologie de la salle du chapitre

09 juin 2018

UNE APPROCHE GLOBALE DES SOCIÉTÉS ET DES TERRITOIRES

Ainsi, depuis une trentaine d'années, en milieu urbain comme en zone rurale, des milliers de sites ont été fouillés, étudiés, comparés. La somme des informations issues de ces fouilles a profondément enrichi la connaissance du passé.
Cette activité archéologique, dite « de sauvetage » faute d'assise légale jusqu'en 2001, est désormais définie comme « préventive ». En effet, la loi sur l'archéologie préventive du 17 janvier 2001 prévoit l'intervention des archéologues en préalable aux chantiers d'aménagement, afin de réaliser un « diagnostic », et si nécessaire une fouille. L'aménagement du territoire ne se fait donc plus au détriment des vestiges du passé mais permet, au contraire, leur étude approfondie.

DES CONNAISSANCES NOUVELLES

Sur le territoire européen, les vestiges sont partout. Ainsi, sur un tracé de ligne TGV, on trouve en moyenne un site au kilomètre. En étudiant les archives du sol, l'archéologie préventive favorise un développement économique raisonné, qui évite la destruction des traces du passé et des connaissances qu'elles permettent d’aborder.

L'étendue des zones étudiées et l'importance des ensembles archéologiques mis au jour ont renouvelé l’approche des périodes paléolithique, néolithique ou des âges des Métaux. Les nombreuses données désormais disponibles, sur la romanisation de la Gaule ou le haut Moyen Âge notamment, apportent souvent un complément précieux aux archives écrites.

UNE APPROCHE GLOBALE DES SOCIÉTÉS ET DES TERRITOIRES

L'archéologie ne cherche pas de chefs-d'œuvre ou de monuments remarquables. Elle vise à connaître les territoires et les sociétés passés à travers les signes conservés par le sol, depuis les premières traces de présence humaine au Paléolithique, au moins 500 000 ans avant notre ère, jusqu'à nos jours. 

Cette approche globale est fondée sur une étude des techniques, des modes de vie, des relations sociales et politiques, ainsi que des peuplements. Elle permet également de saisir les évolutions du climat, les métamorphoses du paysage et les transformations de la végétation.

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Qu'est-ce-que l’archéologie préventive ?

L’archéologie préventive a pour objectif d’assurer, sur terre et sous les eaux, la détection et l’étude scientifique des vestiges susceptibles d’être détruits par des travaux liés à l’aménagement du territoire. Les archéologues de l’Inrap interviennent ainsi, sur décision de l’État, pour sauvegarder le patrimoine archéologique.

Mis à jour le
22 février 2017

Chaque année en France, des centaines de kilomètres sont touchés par des travaux d'aménagement du territoire (carrières, terrassements, routes et voies ferrées, bâtiments privés et publics) entraînant la destruction potentielle des vestiges que recèle le sous-sol. L'archéologie préventive, en étudiant environ 20 % de l’ensemble de ces surfaces, permet de « sauvegarder par l'étude » les archives du sol. 

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08 juin 2018

Environnement de la salle du chapitre

Environnement de la salle du chapitre

20La salle du chapitre prend place au cœur de l’abbaye. Elle fait partie d’un vaste ensemble, au modèle cohérent, déjà établi au xie siècle dans les monastères bénédictins.

21La salle du chapitre de Saint-Bénigne est bordée au nord par la salle dite des moines. Cette dernière, de trente-cinq mètres sur treize était divisée, au Moyen Âge, en plusieurs petites salles. Un cœur de cheminée dans le mur oriental indique qu’une des parties de cette salle abritait un scriptorium. Au xisiècle, les deux salles ne communiquaient pas directement, mais leur liaison était possible grâce à la galerie est du cloître. Le cloître médiéval, vraisemblablement en bois au xisiècle puis reconstruit en pierres au xiie siècle, a été détruit au xviie siècle et remplacé par un ouvrage mauriste remblayé au xixe siècle, et dont quelques vestiges de départ d’arcades sont encore visibles. Les deux salles sont surmontées d’un dortoir du xiiie siècle, remplaçant un dortoir plus ancien. L’accès, depuis le niveau inférieur, était possible grâce à un escalier en bois, à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment.

22Les constructions à l’est de la salle du chapitre, notamment la chapelle Saint-Benoît et le petit cloître de l’infirmerie reconnu sur les plans mauristes 20, ont été détruites au fil des siècles et remplacées par l’évêché, construit en 1766. La façade extérieure est de la salle du chapitre, en moyen appareil et rythmée par un contrefort, est encore visible dans les caves de l’actuelle école des Beaux-Arts 21.

23Les autres ailes du cloître abritaient au nord, le réfectoire, orienté perpendiculairement à la galerie du cloître, et, à l’ouest, le cellier et des granges.

24La partie méridionale de la salle du chapitre est accolée à l’abbatiale 22, construite par l’abbé Guillaume de Dijon à partir de 1001. Le Troisième coutumier de Saint-Bénigne, mentionne, que, durant les processions, les religieux sortaient de la grande église par la porte du cloître et se dirigeaient vers la chapelle Saint-Benoît, en traversant la salle du chapitre.

Questions suscitées par l’étude

25La porte du cloître de l’époque du coutumier, mentionnée précédemment, a été remplacée à la période gothique, puis murée lors de la construction de la tour d’escalier. Son élévation actuelle suscite des interrogations concernant les niveaux de circulation du cloître médiéval et de celui d’époque mauriste. Ce manque d’information et l’état très modifié de la porte d’entrée ne permettent pas de déterminer le mode d’accès du cloître vers la salle du chapitre. La présence de quelques marches est un schéma récurrent dans les constructions des xiie et xiiie siècles, mais au xie siècle le passage était peut-être de plain-pied.

26L’existence de banquettes, permettant d’identifier les salles du chapitre au sein de l’abbaye à partir du xiie siècle, pose problème à Saint-Bénigne : si elles étaient présentes, elles ne sont plus conservées. Elles étaient, peut-être, en bois ou ont été détruites et tout vestige effacé par le rejointoiement et le nettoyage des pierres à l’eau-forte.

Sondage (cf. notice de C. Vernou, p. 31)

27Le sondage, réalisé dans l’angle nord-ouest de la salle, visait à confirmer l’hypothèse de banquettes et à déterminer un sol de circulation 23. Nous y avons trouvé des maçonneries (fig. 7), d’une largeur de 65 cm le long du mur nord et de 35 cm le long du mur ouest, d’une hauteur d’environ 105 cm et posées sur des maçonneries plus larges, d’une vingtaine de centimètres de hauteur. La partie supérieure des maçonneries est située 30 cm sous le niveau de circulation actuel de la troisième travée, lui-même remblayé de 30 cm par rapport aux autres travées. Deux hypothèses s’offrent à nous quant à la destination de ces maçonneries : fondations des murs ou banquettes. Toutefois, aucune unité stratigraphique ne peut correspondre à un sol de circulation fonctionnant avec les banquettes. L’hypothèse de fondation est discréditée, car la largeur des maçonneries est moins importante du côté du mur porteur que du côté du mur de refend.

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Archéologie de la salle du chapitre

Archéologie de la salle du chapitre

10Les recherches mentionnées précédemment ont permis d’affirmer que l’état actuel de la salle du chapitre ne reflète pas celui du xisiècle. Afin de retrouver ce dernier, nous avons effectué des relevés pierre à pierre des murs intérieurs est et ouest et d’une partie du mur extérieur ouest de la salle du chapitre. Ils nous ont permis de distinguer plusieurs phases de modifications réalisées entre le xisiècle et nos jours et de retrouver des témoignages architecturaux utiles à la restitution de la salle.

11La salle du chapitre, aujourd’hui divisée en trois travées, était à l’origine un espace ouvert de treize mètres soixante de côté. Malgré la présence actuelle de trois voûtes en berceau, nous pouvons affirmer que le chapitre était couvert au Moyen Âge de neuf voûtes d’arêtes. En effet, les murs de refend, certainement ajoutés à la fin du xviiisiècle, n’obstruent pas totalement les témoignages des supports de ces voûtes. Ces derniers étaient composés de plusieurs arêtes recevant des arcades englobant les baies géminées 10, des arcades de grande taille présentes sur les quatre murs de la salle et les formerets des voûtains. Les neuf voûtes reposaient aussi sur quatre supports centraux, schéma récurrent des salles du chapitre postérieures (xiie-xiiisiècles). La physionomie de ces piles, colonnes ou piliers n’a pu encore être déterminée 11.

12La salle du chapitre était ouverte à l’ouest sur le cloître grâce à une porte centrale et à quatre paires de baies géminées (fig. 1).

 

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