Environnement de la salle du chapitre

20La salle du chapitre prend place au cœur de l’abbaye. Elle fait partie d’un vaste ensemble, au modèle cohérent, déjà établi au xie siècle dans les monastères bénédictins.

21La salle du chapitre de Saint-Bénigne est bordée au nord par la salle dite des moines. Cette dernière, de trente-cinq mètres sur treize était divisée, au Moyen Âge, en plusieurs petites salles. Un cœur de cheminée dans le mur oriental indique qu’une des parties de cette salle abritait un scriptorium. Au xisiècle, les deux salles ne communiquaient pas directement, mais leur liaison était possible grâce à la galerie est du cloître. Le cloître médiéval, vraisemblablement en bois au xisiècle puis reconstruit en pierres au xiie siècle, a été détruit au xviie siècle et remplacé par un ouvrage mauriste remblayé au xixe siècle, et dont quelques vestiges de départ d’arcades sont encore visibles. Les deux salles sont surmontées d’un dortoir du xiiie siècle, remplaçant un dortoir plus ancien. L’accès, depuis le niveau inférieur, était possible grâce à un escalier en bois, à l’intérieur ou à l’extérieur du bâtiment.

22Les constructions à l’est de la salle du chapitre, notamment la chapelle Saint-Benoît et le petit cloître de l’infirmerie reconnu sur les plans mauristes 20, ont été détruites au fil des siècles et remplacées par l’évêché, construit en 1766. La façade extérieure est de la salle du chapitre, en moyen appareil et rythmée par un contrefort, est encore visible dans les caves de l’actuelle école des Beaux-Arts 21.

23Les autres ailes du cloître abritaient au nord, le réfectoire, orienté perpendiculairement à la galerie du cloître, et, à l’ouest, le cellier et des granges.

24La partie méridionale de la salle du chapitre est accolée à l’abbatiale 22, construite par l’abbé Guillaume de Dijon à partir de 1001. Le Troisième coutumier de Saint-Bénigne, mentionne, que, durant les processions, les religieux sortaient de la grande église par la porte du cloître et se dirigeaient vers la chapelle Saint-Benoît, en traversant la salle du chapitre.

Questions suscitées par l’étude

25La porte du cloître de l’époque du coutumier, mentionnée précédemment, a été remplacée à la période gothique, puis murée lors de la construction de la tour d’escalier. Son élévation actuelle suscite des interrogations concernant les niveaux de circulation du cloître médiéval et de celui d’époque mauriste. Ce manque d’information et l’état très modifié de la porte d’entrée ne permettent pas de déterminer le mode d’accès du cloître vers la salle du chapitre. La présence de quelques marches est un schéma récurrent dans les constructions des xiie et xiiie siècles, mais au xie siècle le passage était peut-être de plain-pied.

26L’existence de banquettes, permettant d’identifier les salles du chapitre au sein de l’abbaye à partir du xiie siècle, pose problème à Saint-Bénigne : si elles étaient présentes, elles ne sont plus conservées. Elles étaient, peut-être, en bois ou ont été détruites et tout vestige effacé par le rejointoiement et le nettoyage des pierres à l’eau-forte.

Sondage (cf. notice de C. Vernou, p. 31)

27Le sondage, réalisé dans l’angle nord-ouest de la salle, visait à confirmer l’hypothèse de banquettes et à déterminer un sol de circulation 23. Nous y avons trouvé des maçonneries (fig. 7), d’une largeur de 65 cm le long du mur nord et de 35 cm le long du mur ouest, d’une hauteur d’environ 105 cm et posées sur des maçonneries plus larges, d’une vingtaine de centimètres de hauteur. La partie supérieure des maçonneries est située 30 cm sous le niveau de circulation actuel de la troisième travée, lui-même remblayé de 30 cm par rapport aux autres travées. Deux hypothèses s’offrent à nous quant à la destination de ces maçonneries : fondations des murs ou banquettes. Toutefois, aucune unité stratigraphique ne peut correspondre à un sol de circulation fonctionnant avec les banquettes. L’hypothèse de fondation est discréditée, car la largeur des maçonneries est moins importante du côté du mur porteur que du côté du mur de refend.